lundi 2 mai 2011

FLAM: les hommes qui peuvent compter: Boubacar DIAGANA.

«L’évènement politique que constitue la chute du dictateur [Ould Taya] pèsera sur ses [congrès de Cincinnati] travaux. Les priorités du mouvement [FLAM] seront celles que ses instances auront définies. Mais il me semble que l'on ne peut pas ne pas poser la question de son futur, en particulier pour dire si celui-ci se fera en Mauritanie ou non et à quelle échéance.» (source : gros plan avomm)
Boubacar Diagana se doutait-il que le poids de l’événement politique dont il parlait en ces termes pèserait jusqu’à consacrer la saignée que constitua le départ des rénovateurs en 2005 ? Il y a là juste un aperçu de la perspicacité et de la justesse de l’analyse de cet intellectuel confirmé et ardent défenseur de la justice et de l'égalité en Mauritanie.
Natif de Kaédi dans une grande famille de savants musulmans, Boubacar Diagana est un de ces hommes dont la discrétion et l'effacement contrastent avec la très haute densité et la qualité de la réflexion. Non seulement l'homme impressionne par son grand savoir coranique et islamique mais il est aussi fin stratège et grand meneur d'hommes. Boubacar Diagana est de ce point de vue l’un des acteurs qui synthétisent le mieux la solidité théorique nécessaire à l’action d’envergure et le contact du terrain qu’il tient sans doute de sa formation de géographe et qui est indispensable au combat politique.
Après avoir contribué à l’animation du MEEN, Boubacar Diagana fut l’un des principaux animateurs de l’équipe qui hérita de la lourde tache de redynamiser et de tenir le mouvement hors de l’eau après les vagues d’arrestations qui ont décapité les FLAMs. C’est ainsi que tout en poursuivant ses études de troisième cycle en Géographie à l’université de Dakar, Boubacar Diagana remplira la charge de secrétaire général du mouvement. Il s’attela à réorganiser le mouvement en sillonnant lui-même les camps de réfugiés à la tête d'une délégation du mouvement. Cheville ouvrière du bureau collégial qui pilota le mouvement durant cette période décisive, Boubacar Diagana (Mpakari pour les intimes) impulsa aux FLAMs une dynamique salutaire, avec une équipe exceptionnelle composée notamment de Chérif Ba (deuxième coordinateur) et Ciré Ba (premier coordinateur et porte-parole). Sa chambre de la résidence universitaire de Dakar était le passage obligé pour le Gotha de la lutte radicale contre le régime de Ould Taya. Qui pouvait s’imaginer que dans cette chambre exigüe se négociaient les décisions les plus cruciales de la vie du mouvement ? Ou encore que les archives les plus sensibles de l’organisation se trouvaient dans cette minuscule chambre d’étudiant ? Aucun témoin de cette équipée ne remettrait objectivement en cause l’exemplarité de la conduite de Boubacar Diagana et de l’ensemble du trio de Dakar. Peu friand des sunlights, des micros et des caméras, Boubacar s’effacera petit-à-petit avec l’arrivée des Samba Thiam et autres Mamadou Bocar Ba aux débuts des années 90s pour devenir un simple militant de base. Avec la désignation de Cheikh Oumar Ba comme Secrétaire Général de la section Europe, Boubacar Diagana refait surface comme secrétaire général adjoint ; poste qu’il continuera d’occuper lorsque Amadou Birane Bal succéda à Cheikh Oumar. Il continuera son militantisme en animant des conférences et en rédigeant des articles qui aident à mieux faire connaître la cause pour laquelle il s’est engagé. L’élégance, la rigueur, le professionnalisme et l’engagement de Boubacar lui vaudront le respect des militants du mouvement. Le congrès de Cincinnati (ce fameux Congrès de 2005) scella définitivement le divorce entre Boubacar et les FLAMs en même temps que ses autres compagnons rénovateurs. Ne disait-il pas que le congrès de Cincinnati se jouerait autour de la question du futur du mouvement et de la question du retour ?
Cependant, ce qui peut être une qualité un temps, peut devenir un handicap dans certaines circonstances. Dans un monde partiellement gouverné par l'image et la visibilité, cultiver la discrétion et l’effacement peut porter préjudice à l’action. De plus, le refus des positionnements tacticiens est difficilement conciliable avec l’action politique. Enfin, Boubacar Diagana est décrit comme quelqu’un de distant et de peu accessible alors que ceux qui l’ont côtoyé de près le disent très serviable, ouvert, disponible et de bonne compagnie. Il pourrait faire un excellent président des FLAMs à la condition de rejoindre la maison-mère et de considérer comme indissociables l’être et le paraître en politique. Pour Boubacar au moins et pour paraphraser F. Mitterrand dont il serait grand admirateur, l’oppression n'a pas réduit les ambitions. Si seulement les FLAMs pouvaient aller le chercher pour faire la paix et reconstruire sur de nouvelles bases!

samedi 30 avril 2011

FLAM: les hommes qui peuvent compter. Cette semaine Oumar Moussa Ba.

Comme promis, Poullori donne cette semaine sa présentation des candidats potentiels à la succession de Samba Thiam dont le départ semble à l’ordre du jour du prochain congrès des FLAMs qui se tiendra à la fin du mois de mai en France. Les commentaires de Poullori seront basés sur l'histoire du mouvement et surtout ce qu’il symbolise. Car ce dont il s’agit ce n’est pas une chose banale : nous avons payé cher notre appartenance, notre soutien, notre proximité ou notre sympathie pour un mouvement qui se bat pour que la place des noirs ne soit pas négligée en Mauritanie. Donc changer la direction d’un tel mouvement doit tenir compte de beaucoup de facteurs dont principalement les aptitudes, les caractères, les tempéraments… de ceux qui vont avoir à assurer la continuité. Ce principe est valable même dans l'hypothèse où finalement Samba Thiam viendrait à rester à la tête du mouvement. Les FLAMs ont besoin de tous les bras et de tous les cerveaux qui se battent pour les mêmes objectifs même s'ils ne s’aiment pas, même s'ils ne se supportent pas. C’est pourquoi, Poullori commence ce panorama par des hommes de grande valeur, qui ont beaucoup donné aux FLAMs et qui y ont plus que jamais leur place.

  1. Oumar Moussa Ba.

" Je n'ai pas fui la dictature de TAYA pour en accepter une autre ! ", C’est par cette sentence amère OMB justifie sa démission des FLAMs le 19 mai 2006. Il faut dire que le vice président du mouvement s’était vu notifier une suspension de trois mois pour avoir osé se rendre en Mauritanie après la chute du dictateur Ould Taya (contrairement à la lettre du secrétaire à lorganisation, des membres éminents du mouvement se sont rendus en Mauritanie avant et après). Dans le courrier de notification de la suspension, le secrétaire à l’organisation qualifiait de "vacances joyeuses" ce qui était en fait un voyage pour aller se recueillir sur la tombe d'une mère ; de plus, dans la même période, les mauritaniens cherchaient à organiser le futur après la nouvelle donne consécutive au renversement du dictateur honni.  La sanction paraissait d’autant plus lourde qu’à l’épuisement de la suspension, OMB n'a pas été réintégré dans ses fonctions de vice président. Cette décision faisant suite à la fin de non recevoir réservée à sa lettre de recours de la décision de suspension, OMB jugeait qu’il n’avait plus rien à partager avec ses compagnons qui le bannissaient.
Pourtant, OMB a donné au moins autant, si ce n’est plus, que tous ceux qui ont décidé de le mettre en quarantaine d’un mouvement qu’il a fondé avec d’autres. Membre de la famille de l’éducation nationale, Oumar Moussa Ba a vécu aux premières loges les événements identitaires de 1966 avant de devenir trésorier de l'UDM, une des entités ayant fondé les FLAMs. Rescapé du mouroir de Walata, OMB préside le 3eme congrès des FLAMs qui porta Samba Thiam à la tête du mouvement. Devenu Secrétaire Général puis Secrétaire Général de la section Europe OMB occupera le poste de vice président des FLAMs jusqu’à sa démission.
Homme pondéré, consensuel et ouvert, Oumar Moussa Ba n'en est pas moins intransigeant quand il s’agit de défendre la vision d'une Mauritanie plurielle et égalitaire. Il n’est dès lors pas surprenant qu’un de ses ouvrages largement diffusé porte le titre de Noirs et beydanes en Mauritanie : l’école creuset de la nation ? Cette idée qu’il se fait de la Mauritanie pourrait être décisive dans le tournant qu’amorcent les FLAMs, 28 ans après leur création. En effet, alors que le mouvement souffre d'une campagne de diabolisation savamment entretenue par les services de renseignements mauritaniens noyautés par les franges les plus nationalistes et les plus racistes de l’aile arabe, une vision consensuelle et ouverte tout en restant ferme et inflexible sur les fondamentaux (justice, égalité, partage juste des responsabilités et des pouvoirs entre toutes les nationalités…) aurait été d’un grand secours. Seul hic et il est de taille : Oumar Moussa Bâ a démissionné du mouvement en 2006 pour se réfugier dans une mosquée. Va-t-il troquer son chapelet contre un bâton de pèlerin et par le fusil du combattant pour la cause qui le fait courir depuis près de 50 ans ? Cinq ans après, les FLAMs vont-elles se surpasser et faire la paix avec un homme qui leur a tant apporté et qui a encore tant à apporter ? Les FLAMs qui savent que les motifs de l’exclusion de Oumar Moussa Ba auraient pu s’appliquer à d’autres (Kaw Touré et Ibrahima Sall en tête) auraient tout à gagner à sonner le rassemblement en ramenant à la maison tous les fils prodigues qui sont autant d’enfants prodiges. Poullori qui se méfie des certitudes pense que cette hypothèse est très peu probable, hélas pour la cause.

 ***
Courrier des Flams justifiant la mise en quarantaine de Oumar Moussa Ba.


1- Le fait accompli :
 Le lundi 6 Février 2006, le camarade Oumar Moussa Bâ a adressé au Président des FLAM, par e-mail, une note laconique qui disait : « Bacc, j’ai décidé de partir en Mauritanie. Donne-moi tes recommandations ». Le Président l’appelle pour en savoir davantage sur cette décision pour le moins inattendue. En fait d’explications, le Président s’entendra dire qu’il s’agit d’une «affaire privée» à propos de laquelle le Camarade Oumar Moussa BA estime qu’il n’a besoin de l’avis de personne. Quand le Président l’a contacté, le camarade avait déjà pris son billet, averti ses “parents” en Mauritanie de son arrivée et commencé à recevoir les «commisssions» pour le pays.

2- Le refus du compromis :
Le camarade Oumar BA n’a voulu rien concéder ni au président qui lui a demandé de reculer la date de son départ (en lui proposant si nécessaire le remboursement du prix de son billet) pour permettre une meilleure concertation sur le sujet, ni aux intermédiaires dépêchés auprès de lui par le Président qui ont tenté en vain de l’amener au moins à changer l’itinéraire de son voyage. C’est pour entourer ce voyage d’un peu plus de discrétion qu’il lui a été même proposé de passer par le Sénégal au lieu d’arriver par Nouakchott, avant de se rendre à Bababé pour repartir par Nouakchott.
Ce refus de compromis, le Camarade Oumar BA le confirmera encore à l’occasion de la réunion du Bureau Exécutif National convoquée expressément ce 11 Février 2006 pour la circonstance. D’ailleurs, Oumar Moussa BA ne terminera pas la réunion prétextant qu’il avait des visiteurs venus lui faire leurs « aurevoirs ».

3- Un acte qui discrédite :
 Jamais avant Oumar Moussa BA, un membre en fonction du BEN ne s’était rendu en Mauritanie. Cette initiative personnelle crée ainsi un dangereux précédent en ce qu’il ouvre la voie à toutes les indisciplines. Les premiers responsables sont de fait des modèles dont les comportements devraient pouvoir inspirer les militants de base.
Ce voyage en Mauritanie constitue une violation flagrante des principes fondateurs de notre Organisation que sont le renoncement, la discipline, l’humilité et la crédibilité. Par ailleurs n’est-ce pas un soutien éloquent qu’il apporte aux nouvelles autorités putschistes et à tous ceux qui prétendent, contre l’avis des FLAM, que le processus en cours en Mauritanie est suffisamment crédible pour que tout le monde rentre ? Puis, quel crédit peut-on avoir encore auprès des refugiés et les déportés auxquels on recommande le refus de tout retour clandestin, s’ils s’aperçoivent qu’un responsable de premier plan des FLAM n’hésite pas à s’offrir des vacances joyeuses au pays ? Enfin, cette malencontreuse visite en Mauritanie est tout simplement choquante sur le plan éthique : un aller-retour paisible en exil !

Conclusion :
 Il est du devoir de chacun de nous d’assumer la sincérité de notre engagement. Nous avons choisi les FLAM, nous avons l’obligation d’en accepter les contraintes disciplinaires. Parce que l’idéal que nous poursuivons en vaut la peine.
La lutte doit continuer.
Le Secrétaire National à l’Organisation.
Ibrahima Mifo Sow

mercredi 27 avril 2011

Le président des FLAM, sur le départ ? Salut militant !

Un bruit de plus en plus insistant annonce le départ de Samba Thiam de la tête des FLAMs au prochain congrès qui se tiendra à la fin du mois de mai en France. L’information avait été donnée par kassataya.com puis par avomm.com. A ce stade, Poullori ne peut ni la confirmer ni la démentir. Ce que Poullori en sait cependant, c’est que le camarade-président Samba Thiam avait fait connaître son agacement déjà… au congrès de Cincinnati en 2005. Quand il prit la parole ce jour-là, il fit part de sa grande déception par rapport à l’attitude de certains de ses compagnons. On se souvient qu’il avait commencé par les plus grands, son groupe d’âge (fedde lahal) : Oumar Moussa, Moussa Sidi, Mamadou Bocar, les Sall… C’est un Samba Thiam très amer qui relata, ému aux larmes, l’accueil qui lui fut réservé lors de son séjour en France pour participer à la fête de l'Humanité. Poullori rappelle qu’à l’époque Samba Thiam portait à bras le corps le mouvement dans les rigueurs de la vie de réfugié au Sénégal. Nombreux sont alors ceux qui s’étaient défilés quand il leur demanda de l'aide pour prolonger son visa en vue de se soigner. Le président Samba Thiam poursuivit son discours en s'en prenant aux militants qui, forts d’un diplôme universitaire, d’un doctorat… pensaient pouvoir se contenter d’écrire un article ou deux pour s’estimer militant ou combattant acharné. Le président n’avait pas été tendre non plus avec les militants par le verbe (ou par l’écrit) alors que le combat demandait plus d’engagement et plus de sacrifices. Pour ces derniers, il suffit d’envahir les sites et les fora pour se faire passer pour un révolutionnaire. Quelques uns profiteront du contrôle d’un site ou d’un blog pour livrer une véritable guérilla cybernétique même à des militants du mouvement ou de mouvements frères qui ont le malheur de leur faire "une concurrence" qui ne se développe que dans leurs esprits. Ça c’est ce que Poullori sait et qui n’est pas contestable.
Ce qui peut être contesté par contre (parce que par honnêteté Poullori doit avouer qu’il n'a pas pu le confirmer), c’est que le président serait (souligner : serait) plus récemment très déçu de l’attitude de certains cadres du mouvement qui auraient presque fait capoter son projet de tenir le congrès en Mauritanie et non à l’étranger. Parmi eux, des successeurs potentiels qui résident en Suède, en France ou aux USA. Ses relations seraient plus que froides avec l’un d’entre eux, peut-être à cause des températures extrêmement basses qui frappent les pays du nord de l’Europe.
Quelle que soit la décision du président Samba Thiam, Poullori saisit l’occasion de ce congrès du tournant pour saluer la valeur exceptionnelle du camarade président Samba Thiam. Il a tenu le mouvement durant les moments les plus sombres de l'histoire de la Mauritanie et n'a jamais varié dans ses convictions. Il faut dire qu’à la différence de certains qui se complaisent dans l’exil, Samba Thiam a fait un grand sacrifice en choisissant de partir. S'il était resté en Mauritanie comme certains de ses anciens compagnons d’infortune du mouroir de Oualata (Paix à votre âme Alassane Oumar Bah, Tèn Youssouf Guèye, Abdoul Ghouddous Bâ, Tabsirou Djiggo ; maudit soit Ould Taya), il aurait facilement pu conduire le mouvement d’affirmation de l’identité noire en Mauritanie et fédérer le combat pour le faire avancer considérablement. Il aurait certainement souffert mais pas plus que ce qu’il connaît dans son exil lointain. Il aurait sans aucun doute pu enlever une mairie, un poste de député ou de sénateur comme d’autres (Tijane Koita, Kébé Abdoulaye, Ibrahima Sarr). Inspecteur de l’enseignement, il aurait pu aussi gagner dignement sa vie sans avoir à se compromettre dans quoi que ce soit.
Quelques zones d’ombres subsistent cependant. Comment réaliser depuis les USA et l’Europe ce qui n'a pas été fait plus près, à Dakar ? Quel bénéfice tirer de l’abandon ou de l’éloignement des camps de réfugiés ?
Par ailleurs, l’action du camarade-président souffre de n’avoir pu établir la jonction avec les organisations, structures, mouvements ou parti qui opèrent à l’intérieur du pays. Une collaboration intelligente aurait pu pallier l’absence des FLAMs sur le terrain, car si une lutte peut être pilotée de l’extérieur, il faut un moment ou un autre qu'elle soit exécutée sur le terrain des opérations. Les relations compliquées (Poullori préfère le dire comme ça) qu’il entretient avec Ibrahima Moktar Sarr ne lui ont certainement pas facilité la tâche. Mais les deux auraient pu taire leurs égos pour l’intérêt de la cause qu’ils défendent sincèrement tous (Poullori reviendra inchallah sur la nature de ces relations entre Samba Thiam et Ibrahima Sarr).
De plus, Samba Thiam n'a pas su retenir des cadres et des tôliers extrêmement importants à la lutte commune : Feus Saidou Kane et Mourtodo Diop n’auraient jamais du quitter ce monde ailleurs que dans les FLAMs si certains sectaires qui prennent le mouvement en otage ne les avaient poussés dehors. Samba Thiam n’aurait jamais dû laisser les rénovateurs quitter le mouvement pour faire place nette à ces mêmes sectaires. Samba Thiam n’aurait jamais dû accepter l’exclusion de Oumar Moussa Ba parce que les mêmes sectaires l’ont voulu alors même que les mêmes se sont rendus en Mauritanie depuis (Poullori le sait et pourrait citer des noms, mais Poullori préfère éviter). En laissant la voie libre à ces sectaires (dont le foyer originel se trouve en région parisienne), il a donné les rênes idéologiques du mouvement à ceux qui façonnent la face la plus hideuse, la plus répugnante, la plus repoussante du mouvement ; au point de noyer sous le brouhaha toutes ses belles réalisations, tous les beaux et nobles idéaux défendus par les FLAMs. Les choses ont alors été gérées avec le cœur, comme si on disait à ceux qui invitaient au débat et au changement de style et de stratégie : "si vous n’êtes pas contents allez-vous-en !"
Il faut que le camarade président réfléchisse bien avant de passer la main : qui va lui succéder ? Qui peut tenir ce mouvement dans un moment aussi crucial ? En aura-t-il l’envergure ? Les moyens ? Est-ce le moment pour partir cher président ?
Pour aider à y voir clair, Poullori proposera bientôt un tour d'horizon des candidats potentiels.
En attendant, Poullori dit : Bravo quand même et chapeau bas seydi Thiam.

samedi 9 avril 2011

Au cœur du prochain congrès des FLAM !


Le congrès des FLAM approche à grands pas (fin mai si tout va bien). Il faut espérer que le mouvement évite cette fois-ci les pièges du dernier congrès de Cincinnati. En principe, ce congrès devra se pencher sur deux choses essentielles :
-         La révision de la stratégie
-         La succession de Samba Thiam et le renouvellement de la classe dirigeante.

Pour ce qui est du premier point, Poullori espère vivement que cette fois-ci nous n’allons pas jouer encore à cache-cache et faire comme si rien ne s’est passé toutes ces dernières années. Il faut que le mouvement regarde les choses en face et apporte une réponse à la lancinante question de l'occupation du terrain.
Soit, les animateurs du mouvement font comme Poullori qui, conscient de la cherté du yaourt en Mauritanie, des difficultés d'y trouver un travail décent et bien rémunéré…, a choisi de rester loin du terrain –du moins physiquement- tout en s'y rendant de temps à autre (ah woy ! ah oui !).
Soit, le mouvement accepte de développer des relations saines de franche collaboration avec les structures qui sont courageusement entrain de dire tout haut en Mauritanie ce que nous disons ici. Ce n'est quand même pas compliqué dès lors que nous partageons les mêmes objectifs.
Soit enfin, le mouvement décide d'organiser son retour en Mauritanie pour se confronter aux dures réalités comme tous les autres qui ne sont pas plus "garçons" que nous (Kadiata Malik Diallo, Ibrahima Moktar Sarr, Biram Ould Dah, Boubacar Ould Messaoud…). Mais attention ! Rentrer en Mauritanie ne signifie pas qu’il faudra aller s'y installer définitivement tout de suite! Le mouvement peut y installer des structures autonomes (je ne parle pas des fantomatiques cellules dormantes qui n'existent que dans la tête de quelques illuminés manipulateurs !). Les autres sont libres de faire comme Poullori en restant en occident ; ce n'est quand même pas une honte d'aimer les yaourts, les jus de fruits et les conditions de vie légèrement –mais quand-même- plus acceptables que celles de la Mauritanie ! Mais encore faut-il l'assumer plutôt que de vouloir se donner bonne conscience en faisant semblant de combattre alors qu'il n'en est rien ! Se contenter de faire le minimum syndical en prétendant se battre c'est vraiment malhonnête et injuste envers toute une communauté qui voit ses espoirs s'envoler au fil du temps pendant que d'autres font semblant de fustiger un exil dont ils font semblant de nier les dorures tout en y restant intimement attachés !

Quant à la succession de Samba Thiam, elle risque de donner lieu à une foire d’empoigne mémorable. Poullori sait que le mouvement essaie de contester la nouvelle mais sauf retournement spectaculaire, Samba Thiam ne sera pas de la partie. Les raisons en sont multiples : Samba Thiam est extrêmement déçu par certains animateurs du mouvement et ce depuis plusieurs années. D’aucuns disent même qu'il s'est senti trahi par certains qui ne savent pas aller au-delà des simples mouvements de manche. Poullori y reviendra dans un prochain post inchallah. On voit déjà quelques personnes se bousculer aux portillons mais Poullori dit attention : diriger les FLAM n'est pas une mince affaire. Il ne suffit pas de vouloir. Il faut savoir et pouvoir. Certains choix risquent fort de signer l'acte de décès du mouvement et ce serait une catastrophe. Poullori reviendra sur les candidats potentiels, leurs forces, leurs faiblesses… dans les semaines à venir inchallah.

jeudi 17 février 2011

Qu’est-ce qui fait donc courir Ibrahima Moktar Sarr ?

Le leader de l’AJD/MR M. Ibrahima Moktar Sarr vient de sauter à pied joints dans le plat de la cohabitation des nationalités mauritaniennes à travers le très sensible débat de la place des langues nationales. Participant à une conférence-débat organisée par les partis de la Majorité présidentielle en Mauritanie, Ibrahima Moctar Sarr surprend l’auditoire en s’exprimant en langue poular. Il n’en fallait pas plus pour secouer la fibre nationaliste à fleur de peau de certains mauritaniens qui, passés la torpeur et l’effet de surprise, relancent le très passionné débat qui divise le pays. Ibrahima Sarr qui est plus connu pour ses talents d’homme de culture que d’acteur politique a bien calculé son coup : en parlant dans une langue reconnue par la Constitution comme langue nationale en même temps que le Hassaniya, le Soninké et le Wolof, il se défait d’un piège souvent tendu par les nationalistes arabes, à savoir l’accusation de défendre une langue étrangère de surcroit celle du colonisateur au détriment de l’Arabe, langue du coran. On se souvient qu'en mars 2010, presqu'un an jour pour jour, le premier ministre Ould Laghdaf et la ministre de la Culture Cissé Mint Boyda avaient défrayé la chronique et provoqué des manifestations de protestation des mauritaniens francophones suite à des déclarations provocatrices tendant à minimiser le rôle et la place du français, langue abusivement identifiée comme celle des négro-africains (de nombreux arabes de Mauritanie scolarisent leurs enfants en français et pratiquent cette langue mieux que l’arabe). Prémonition : le journaliste par qui le scandale était arrivé –Khalilou Diagana avait interpellé le Premier ministre au sujet de la difficulté que certains avaient à accéder au discours en arabe- s'était posé une question : Qu’aurait-dit le premier ministre si nous l’avions interpellé en wolof ? L'acte posé par Ibrahima Moctar Sarr oblige pour une fois, les mauritaniens à discuter sans faux-semblant ni hypocrisie : quelle place revient à chacune des langues qui se côtoient en Mauritanie ? Khalilou Diagana a aujourd’hui une partie de la réponse à sa question avec cette sortie de Ibrahima Sarr qui n’en est pas à son premier coup d’éclat.
Un dangereux provocateur ?
Du temps où il était député pour le compte de AC, ses interventions à l’Assemblée Nationale de même que celles de Messaoud Ould Boulkheir au sujet du « passif humanitaire » (évocation pudique des crimes commis sous la dictature de Ould Taya entre 1989 et 1991) furent la raison principale invoquée par les autorités pour justifier la dissolution du parti Action pour le Changement.
Ibrahima Moctar Sarr récidivera plus tard en demandant la révision du nom et des symboles de la République (hymne national, devise…). Ses positions jugées sectaires par certaines franges nationalistes arabes lui vaudront l’inimitié de certaines formations de la majorité présidentielle qui surfent sur la vague de l’unité nationale pour demander la dissolution du parti AJD/MR. Ce qui est d’ailleurs souvent reproché à Ibrahima Moctar Sarr c’est le fait de se « spécialiser » dans les questions de droit de l’homme et la question nationale alors que d’autres sujets nationaux auraient mérité autant d’intérêt de la part d’un homme politique d’envergure nationale.
Les limites de l’homme.
Ibrahima Moctar Sarr qui s’est forgé une dimension de leader national et de porte drapeau de la communauté noire depuis l’élection présidentielle de 2007, a pour principal mérite de matérialiser la diversité du peuplement et du leadership politique en Mauritanie. Il est sur le terrain et partage les souffrances de ceux qu’il défend, s’exposant aux humiliations et aux vexations quotidiennes. Mais il traine aussi des lacunes en ce sens qu’il ne parvient pas à transformer l’essai en fédérant les courants et mouvements qui poursuivent le même idéal. Décrit comme un homme pouvant s’emporter facilement, Ibrahima Sarr, de l’avis de ses connaisseurs, aurait encore du chemin à parcourir pour habiter le rôle de leader et en porter le costume. Le coup d’Etat militaire perpétré par le Général Ould Abdel Aziz contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, seul civil démocratiquement élu dans l’histoire de la Mauritanie, restera longtemps comme un boulet au pied du leader de l’AJD/MR. Il s’est contenté de « prendre acte » d’une atteinte aussi grave à la Constitution de la République. La pilule eut du mal à passer. De même, le départ d’une partie des cadres du parti consécutivement aux débats qui ont suivi ledit putsch a été perçu comme un signe de faiblesse de la part d’un parti qui n’a pas réussi à déployer les efforts nécessaires pour garder l’équipe soudée à travers un compromis salutaire (un mauvais compromis vaut mieux qu’un…).
En outre, nombreux sont ceux qui attendent que Ibrahima Moctar Sarr parvienne à trouver le moyen de rassembler les forces qui sont sur le même bout de l’échiquier politique que lui pour mettre un terme aux dispersions mortelles (FLAM, PLEJ, HARATINES, défenseurs de l’égalité et de la justice de quelque couleur qu’ils soient).
Dans le même ordre d’idée, Ibrahima Moctar Sarr est perçu comme étant plus homme de culture que leader politique. Il lui faudra apprendre à se dédoubler ou à ranger provisoirement dans l’armoire son caftan d’homme de culture pour arborer le costume de leader politique s’il veut éviter de brouiller le message. C’est à ce prix-là qu’Ibrahima Moctar Sarr pourra ensuite se positionner comme un vrai leader d’envergure nationale.
Ce qui lui fait sauver la face cependant, c’est qu’il a eu le mérite de refuser par deux fois au moins de rejoindre un gouvernement sans un programme politique clairement défini. Le procès de celui qui va à la soupe ne peut donc lui être fait. Et comme dirait Mandela – à qui Ibrahima Moctar Sarr vient de consacrer des CDs- «celui qui est au centre dune lutte politique, qui doit répondre à des problèmes pratiques pressants sans avoir le temps de la réflexion et alors qu'aucun précédent ne peut le guider, celui-là est amené à faire nombreuses erreurs. Mais avec le temps, et pour peu qu'il soit souple d'esprit et disposé à examiner son travail avec un œil critique, il finit par acquérir l'expérience nécessaire, par devenir assez prévoyant pour éviter les embûches ordinaires et maintenir le cap dans le tumulte des événements».
En attendant, les observateurs avisés de la scène politique lui donnent acte de ce qu’il pimente les événements en posant le doigt sur la plaie. Le temps aidant, les mauritaniens retiendront peut-être plus ses contributions au débat que ses erreurs de parcours, car sur une chose au moins l’homme met tout le monde d’accord : il a des convictions bien ancrées et en paie le prix. Reste une question lancinante : Mais au juste, que disait-il dans son discours en poular ?
Poullori Galo vigilent.


mardi 15 février 2011

Internet et culture citoyenne en Mauritanie.

Avant toute chose il faut corriger une faute extrêmement grave pour l'histoire de la liberté d'expression en Mauritanie. Si Cridem a fait quelque chose, il est loin d'être le plus important, le premier ou le seul. Avant cridem il y avait Le Calame, Al Bayanne et même Mauritanie Nouvelles et d'autres journaux qui eux produisent (pas seulement une revue de presse) et dénoncent les abus du pouvoir.
Ensuite sur le net il y avait Mauritanie net si vous vous souvenez bien vers la fin des années 1990. Tout le monde allait sur ce site pour dénoncer les abus de la dictature de Ould Taya et d'autres pour la défendre. Il y avait des échanges houleux et très riches. Nous avions hâte de nous y retrouver. Il faut rendre à César ce qui est à César: Mauritanie-net est le vrai pionnier de la presse électronique libre en Mauritanie. C'est l'ancêtre, le doyen. Et seuls ceux qui ont accédé au net récemment peuvent ne pas le savoir (et il y en a beaucoup).
D’autre part, Il y eut dans la même période le site FAAS tenu avec courage par Mohamed Dogui. Ces deux sites étaient de vrais espaces de liberté d'expression et de diversité. C'est sur eux que la culture du débat et la citoyenneté des mauritaniens se sont vraiment forgées. Les contributions étaient de très belle facture et les débats de haut niveau. On apprenait vraiment quelque chose en allant sur ces sites.
Il ne faut donc rien exagérer en faisant d’un site plus que ce qu’il est. Cridem est né après Mauritanie-net, FAAS, OCVIDH, AVOMM et surtout après les journaux en place en Mauritanie et les Cavaliers du Changement. Toutes choses qui ont lentement préparé la chute de la dictature et la culture des mauritaniens.
Concernant la diversité des sources d’information, des supports et la censure, l’offre est aujourd’hui si importante qu’il est incompréhensible que les mauritaniens restent dépendants et accro à un seul support. C’est comme si on se mettait la corde au cou. Si nous contribuons à l’essor des autres supports (sites) on obligera tout le monde à jouer le jeu et à publier une information diversifiée et équilibrée car chacun se dira que s’il ne publie pas une information, les lecteurs pourraient le retrouver sur les sites concurrents et ce ne sera pas bon pour son image. Bien sûr je ne parle pas des sites d’opinion qui eux ont choisi de diffuser une information orientée et c’est normal (sites des partis, des mouvements, des organisations…). Il y a aujourd’hui au moins Taqadoumy, Points Chauds, Kassataya (et d’autres sites que je connais moins) qui font la même chose que cridem (offrir une revue de presse avec de temps en temps des articles, reportages produits par eux-mêmes). Taqadoumy a un plus parce qu’eux publient des choses de leurs propres sources et moyens. Si vous voulez vous informer vous avez aussi ANI, Sahara média, alakhbar, Points Chauds… qui font plus de la production que « forum » et sont moins interactifs (donc moins de tribune ou libre expression mais on s’informe).
Il y aussi beaucoup de blogs comme chezvlane (le pauvre !), canalh, poullori (quand-même !),  tous les trois chez blogspot.com, sans oublier hautetfort d’Ely Moustafa. Dr Kleib et souslatente très intéressants semblent sommeiller mais étaient très intéressants. Il y en a beaucoup d’autres : les sites des organisations de défense des droits de l’homme (ocvidh, avomm) ; ma liste n’est donc pas exhaustive.
La censure fait toujours mal. Mais il n'est pas normal que cette pratique puisse se poursuivre aujourd'hui. Je n'ai pas suivi l'affaire dénoncée par Vlane et Ould Bettar et je ne sais pas si vraiment cridem a censuré ou si c'est juste autre chose (je sais qu’ils n’ont pas publié mon dernier post sur http://www.poullori.blogspot.com/: Lutte contre la gabegie : quel lien entre ould Abdel Aziz, Biram ould Dah et la SOMELEC ? C’est en tout cas troublant et va dans le sens des accusations de Vlane).
Tout ce que Poullori sait c'est que ceux qui essaient de censurer se trompent. Le cher Diko dit qu’il n'a jamais censuré! Poullori est désolé mais au moins Diko l’a censuré et il a fait quelque chose d'encore plus condamnable: Poullori lui a écrit en privé pour le lui faire savoir et notre Diko a essayé d'utiliser ça contre Poullori en s’empressant d’aller le publier comme gage de loyauté. Frère Diko n'a pas besoin de ça. Poullori poursuit les mêmes objectifs que lui et que tous ceux qui combattent les injustices. Poulori a peut-être des leçons de militantisme à recevoir mais certainement pas de ceux-là qui s’agitent dans un bocal en ne s’appliquant pas ce qu’ils voudraient appliquer à d’autres. Plus surprenant encore, Poullori voyait les réponses à ses messages sur certains sites qui ont décidé de le censurer (le comble !). Alors quand on doit parler de liberté d'expression il faut commencer à balayer devant sa porte et ne pas utiliser les sites comme des outils de propagande: je ne publie que ce qui m'est favorable et seulement ceux qui sont d'accord avec moi. Ou alors je décide d'ignorer royalement même les débats d'idées alors j'ignore aussi les réponses et les réactions.
A bas la censure !
Et pendant ce temps, Biram Ould Dah croupit en prison. Les esclavagistes agissent en toute impunité, les négro-africains crèvent la dalle et se mangent entre eux, les tribus arabes qui n’ont pas fait allégeance aux puissants du moment tirent le diable par la queue. Les marmites des pauvres restent désespérément vides. Quelques profiteurs égoïstes tirent leur épingle du jeu en s’asseyant sur leurs principes et en baratinant leur monde avec des professions de foi (liberté d’expression, démocratie, liberté, égalité, fraternité, honneur, justice, couscous we yak enou’ ou tutti quanti). Le monde arabe est en ébullition et met dehors dictateurs et prévaricateurs. Et Allah est toujours le plus fort.

Poullori Galo

lundi 7 février 2011

Lutte contre la gabegie : quel lien entre ould Abdel Aziz, Biram ould Dah et la SOMELEC ?


Pendant que certains partis, mouvements, organisations… se mangent entre eux tout en prétendant se battre pour les mêmes objectifs, pendant que tunisiens, egyptiens, jordaniens et yéménites se prennent en mains, son excellence le général Mohamed Ould Abdel Aziz, conduit sa lutte inlassable contre la gabegie la pauvreté. Pour montrer aux dictateurs arabes qu’ils n’ont rien compris à la manipulation de la conscience des peuples, le général baisse opportunément les prix des denrées de première nécessité. En même temps, il jette au cachot un ancien Commissaire avec rang de ministre, un ancien haut fonctionnaire soupçonné d’abus de biens sociaux, malgré des zones d’ombre dans leurs dossiers. Le plus grand coup du général Ould Abdel Aziz c’est d’avoir mis hors d’état de nuire le grand ennemi du peuple mauritanien le président d'IRA, Biram Ould Dah ould Abeid : comment en effet, pendant que le monde arabe est en ébullition Biram ould Dah peut-il oser menacer tout le système de production sur lequel l’économie mauritanienne a reposé depuis des siècles ? Comment peut-il s'en prendre a une pauvre femme qui n'a fait que garder chez elle deux petites esclaves pour laver les habits, faire la cuisine, balayer la maison, masser leurs maitres…pendant que ses propres filles allaient à l’école pour se préparer à prendre plus tard les commandes de la société ? Vraiment ce Biram ! Si on ne peut même pas faire de l’esclavage, en miniature en plus –parce qu’il s’agit de mineures- où allons-nous ?
Ils ne sont quand même pas naïfs les mauritaniens. Ils voient bien que le général Ould Mohamed ould Abdel Aziz veille sur la préservation des intérêts du groupe et sait prendre des décisions intelligentes quand ça s’impose. La preuve ?
Mohamed Ould Bahiya. Ce monsieur est actuellement Directeur Général de la Société Mauritanienne des Hydrocarbures, la société qui s'occupe des parts de la Mauritanie dans l'exploitation du pétrole. C'est dire si le monsieur voit passer de l'argent ! Mais que faisait donc monsieur ould Bahiya pour mériter un tél cadeau ? Où a-t-il appris le métier de bonne gestion des affaires publiques ?
Poullori sait qu’en essayant de répondre à ces questions, il risque d'y passer trop de temps alors que d'autres dossiers brûlants attendent. Poullori va donc juste se concentrer sur les plus hauts faits de guerre de M. le DG de la SMH. Remontons juste à l'année 2007. Mohamed Ould Bahiya est tout puissant Directeur Général de la SOMELEC, pourvoyeur d'eau et de lumière en Mauritanie mais surtout de coupures et de délestages. Le secteur est complètement sinistré et les mauritaniens, surtout ceux qui habitent Nouakchott n'en peuvent plus des pénuries d'eau et des coupures d'électricité. Les produits périssables pourrissent dans le frigo ; les appareils rendent l'âme à force de subir les va-et-vient suivis de baisses et de hausses de tensions. Les visiteurs n’osaient plus demander à aller aux toilettes de peur de mettre mal à l’aise leurs hôtes…C’est alors que M. Ould Bahiya eut une idée lumineuse (sans jeu de mots) pour régler le problème de l’électricité à Nouakchott : lancer une commande de candélabres en procédure d’urgence (c’était urgent) pour attribuer le marché sans appel d’offre et s’endetter pour régler la facture. Le marché est donc attribué et un prêt est contracté auprès dune banque primaire aux taux scandaleux de 30%. Enfin un Directeur qui sait prendre très rapidement les bonnes décisions ! Problème : les candélabres livrés étaient en très mauvais état et très peu étaient utilisables. Pire encore : ils ont été longtemps exposés dans la cour de la SOMELEC sans être utilisés alors que, souvenez-vous, ils avaient été commandés en procédure d’urgence, sans appel d'offre quasiment. Un article publié sur Internet donne une partie de l’explication : le marché a bénéficié à des proches de la junte au pouvoir à l’époque.
D’autres scandales secouent la SOMELEC : groupes électrogènes déclarés défectueux et envoyés à la ferraille mais récupérés (par qui ?), trou de plusieurs milliards d'UM dans la comptabilité de la SOMELEC…et toujours aucune tête ne tombe ! Mieux (ou pire) ! Pendant la fronde des députés (souvenez-vous : ce sont ceux-là qui luttaient contre la gabegie), Mohamed Ould Bahiya est nommé…ministre de l'Hydraulique et de l'Energie en remplacement de Omar Ould Yali. On frise alors le plus gros coup d’éclat jamais connu dans la haute administration du pays : les cadres du ministère menacent de démissionner en bloc au prétexte que depuis plusieurs mois ils essaient de réparer les fautes commises justement par…leur nouveau ministre ! Quelques semaines seulement puis ould Bahiya s'en va. Heureusement ! Que non : il atterrit à la Société Mauritanienne des Hydrocarbures pour bons et loyaux services. Parce que notre Directeur Général est une vraie lumière, une vraie lanterne !

Pendant ce temps, de nombreuses villes du pays (du sud surtout) paient la taxe pour éclairage public alors quelles n'ont aucun éclairage depuis au moins quinze ans ! Pendant ce temps toujours, Biram Ould Dah croupit en prison, Mohamed Lemine Ould Dadde et Ould Khattri aussi. Les esclavagistes agissent en toute impunité, les négro-africains crèvent la dalle et se mangent entre eux, les tribus arabes qui n’ont pas fait allégeance aux puissants du moment tirent le diable par la queue. Les marmites des pauvres restent désespérément vides. Le monde arabe est en ébullition et met dehors dictateurs et prévaricateurs. Et Allah est toujours le plus fort.

Poullori Galo